Anges ou démons !
« Souviens-toi Hugo de cet acharnement
à te battre contre toute forme d’entrave
à la liberté de création »
Sache qu’encore on nous modèle sans modèle ;
On nous moule, on nous démoule ;
On nous astreint avec un frein.
On nous informe, ils désinforment ;
On nous forge dans la forme qu’ils déforment.
On t’amène sans qu’on t’aime,
Dans le trou et tu peines.
On te dicte ta conduite
Sans fatigue tu la suis,
On te hisse pour la gloire,
Et te glisse dans le chanvre,
Sans respect pour te pendre.
Dans cette boîte au carré on te banalise,
Avec civilité on te dynamise,
Avec opiniâtreté on te tyrannise :
Dans cette infirmité tu te canalises.
Sans ménage on t’arrête, on t’enferme et te bouscule,
Dans cette cage, on te jette, on te noie où on te brûle.
Dans mon antre en créant,
L’esprit et la matière, avec passion fusionnent ;
Des idées s’amoncellent, des images foisonnent.
Dans ce dédale d’ondes, je m’abandonne ;
L’énergie sous pression bourdonne.
Qui tempère, qui raisonne ?
Dans ce vide, ce désir sans repère
Que l’inconnu passionne ;
Dans ce rien, ce plaisir, ce mystère :
L’imaginaire plafonne,
La création rayonne.