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Gravitation immmobile

Gravitation immobile : transparences et plaques d'ombre aux matités hiéroglyphiques s'inscrivent en suspens, à mi-chemin entre les traces d'une énigme émanée de la terre et les tensions indicibles d'un espoir d'évasion. Est-ce un temple ? Un lieu occulte, ferment de magies inavouables ? Est-ce une porte d'infini ouverte sur l'univers d'âmes en attente de vivre ? Réponse, peut-être : l'œuvre s'émeut, effleurée d'un souffle passant. Les pas nous mènent au cœur, dans le cercle du regard de ces formes dont la matière même se fait œil, prunelle, reflets prêts à la conquête de qui s'arrêtera pour, d'une main douce, en saisir les clés. Les cordes alors chanteront l'air et la lumière, harpes immatérielles qui déchiffrent le ciel et offrent aux plaques, aux structures, au métal, certaine géométrie ailée, tandis que surgira la vie secrète des chiffres gravés, messages et vestiges d'éternité.

Jacques Rittaud-Hutinet

Voyage au pays de l’imaginaire

Combien de temps pour cette création ? Certains diront plusieurs années, d’autres seulement quelques jours, alors le temps n’aura plus d’importance. Dans son parcours de plasticien, Antoine Aranda reste comme suspendu au temps. Il est sans limite, son  imaginaire lui a soustrait toute notion de temps. Seule compte la   création absolue et accomplie. Antoine Aranda insaisissable et insatiable fixe l’instant sans fin, le moment où tout s’illumine autour de l’oeuvre unique. Exalté et imprévisible, il sculpte là où les ondes passent, là où le regard des autres se pose pour mieux laisser l’esprit créatif se réaliser. Il explore la matière sous des angles nouveaux, aux confins de l’épure et de la fusion, il bouscule les idées reçues de belle manière. Les verticales montent en premières lignes, les formes s’allongent toujours maîtrisées. Les courbes s’estompent, la sculpture prend la liberté d’exister sans contrainte. Antoine Aranda réussit l’amalgame de la matière et de l’espace. Dans ce dédale d’horizons nouveaux, le sculpteur visionnaire défie le temps et invite immanquablement la pensée à se perdre dans un rêve.

 

Pascal Vernier

La sculpture continue de s'exprimer, impulsive, mystérieuse

 

"Nu Transcendental" semble jaillir de ses gestes. Des courbes se dessinent, puis peu à peu révèlent leur secret : l'expression d'une volupté des formes, d'une sensualité qui joue d'elle-même pour s'offrir dans des représentations épurées de la femme. Féminité non incarnée toutefois : son espace devient courbe dans toutes les dimensions de l'être. Puis l'œuvre évolue jusqu'en ce point de simplicité où l'énergie, sa douceur émotive, son ardente subtilité se font plus fortes que la matière qui les exprime.

Avec la mort d'une mère très aimée, tout s'arrête. Blocage  immense. Deux années s'écoulent, privées d'art et d'âme. Un jour enfin, comme émergeant du sol, surgissent de nouvelles sculptures venues d'un long silence : racines abyssales d'où montent et grandissent d'étranges formes, torses, déchirées, arrachées aux pesanteurs de la terre. Elles s'élèvent pour s'éclore dans quelque ciel d'irréalité dont les frontières se pressentent. Fuite hors du monde ou approche des origines, la recherche se poursuit dans un désir éperdu de communiquer, d'échanger non seulement du sens, mais la vibration du sens. L'artiste lui-même, captif de certaine fluidité indicible, découvre alors, tout au fond, le mystère de chiffres : le 3 et le 5, porteurs de rythmes secrets de la vie, du lien entre le soi et l'inconnu.

 

Le courant d'énergie s'amplifie encore, une onde maîtresse se dégage, reliant enfin, dans une communication sublimée, l'esprit et l'infini, la pensée inscrite dans la matière, le lien ultime et unifiant hors de toute raison les êtres à l'univers. Survient un événement qui résume tout : la commande d'une œuvre par une entreprise qui souhaite l'offrir à son personnel ; Antoine Aranda crée alors un arbre composé de carrés figurant les feuilles, le tronc, les branches ; un arbre fait de plaques posées au sol et qu'on peut, d'une terrasse quelques mètres plus haut, voir dans son entier. L'arbre de vie est offert à l'admiration d'une centaine de personnes. Après l'avoir longuement contemplé, chacun s'en approche, en saisit un fragment et s'en va. Fascinant symbole de l'immense générosité de l'art, l'arbre d'Antoine Aranda disparaît pour vivre désormais dans le cœur des hommes.

Jacques Rittaud-Hutinet